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Radiolaires et roches siliceuses

Les radiolaires Polycystines sont des organismes unicellulaires planctoniques marins appartenant à la classe des Actinopodes.  Ils absorbent la silice à partir de l'eau de mer, et construisent un squelette de l'ordre du dixième de millimètre en suivant une architecture géometrique unique pour chaque espèce. Les radiolaires sont connus du Cambrien à l'Actuel (depuis 545 millions d'années), et grâce à une diversité importante de taxons ayant evolué rapidement, ils sont utilisés en biochronologie. Ils ne subissent pas de dissolution accrue avec la profondeur, et peuvent donc, contrairement aux tests calcaires, s'accumuler sur les planchers océaniques. Certains spécialistes les considèrent comme le sédiment pélagique "normal" à certaines époques géologiques, localement dilués par des apports biogéniques calcaires ou détritiques terrigènes.

Les radiolaires ont ainsi contribué à l'accumulation de boues d'origine biogénétiques qui ont ensuite évoluées, par diagénèse, en jaspes rubannés ou radiolarites. Ces roches étaient considérées, il y a 25 ans, comme non "datables", puisque les géologues pouvaient y observer les tests de radiolaires sans parvenir à les extraire de la matrice de la roche, elle aussi siliceuse. Le procédé adéquat a été mis au point au début des années 70 par traitement ménagé des roches siliceuses à l'acide fluorydrique (HF).

Les cherts à radiolaires étant largement représentés dans les chaînes de montagnes formées à la suite de la fermeture de bassins océaniques, l'outil "radiolaires" y est largement utilisé. Les mouvements liés à la tectonique des plaques tels que les phénomènes de subduction/accrétion ont charriés des fragments de croûte océanique surmontés de séries siliceuses au sein de chaînes orogéniques. Il est possible de contrôler l'âge de ces sédiments océaniques et, par corrélation, l'âge de la croûte. Dans certains orogènes formés d'une mosaïque de fragments crustaux comme les cordillères du pourtour pacifique, les radiolaires nous révèlent l'existence d'anciens bassins océaniques, prédatant les épisodes géodynamiques et tectoniques ayant entraîné leur fermeture et déformation dans le cadre de mécanismes de multisuturation.

Les radiolaires sont également présents dans d'autres roches sédimentaires: carbonates pélagiques, shales, mudstones, argilites, siltstones siliceux. Ils permettent donc un contrôle stratigraphique et structural utilisable dans les programmes de cartographie cordillérains ainsi qu'en exploration minière et pétrolière, tandis que la recherche académique s'intéresse à leur rôle de marqueurs d'environnements océaniques.